Je t’apprendrai à aimer Noël – Premier chapitre

Lundi 2 décembre

Le réveil sonne à 8 h comme tous les matins. Ma journée commence. Je l’éteins et me lève de manière automatique, avant de me diriger dans la douche. Tous mes gestes sont millimétrés, chaque matin tout est strictement pareil. Ça va faire trois ans que c’est ainsi, et rien ne viendra perturber mes habitudes.

Douche, costume, cravate, jus d’orange. Je suis prêt à partir travailler. À 8 h 20, je passe le pas de ma porte pour me diriger au bureau qui est à moins de 10 minutes de marche. J’aime cette promenade à pied qui me permet de me mettre en condition pour affronter le stress du bureau et les clients. Aucun risque de bouchons ou de perturbations, je suis sûr d’arriver à 8 h 30 avant le reste de l’équipe.

 

L’immeuble est calme, je ne croise personne comme d’habitude. Mais j’ai à peine passé le pas de la porte que des lumières rouges m’agressent les rétines et me forcent à porter la main sur mes yeux. Le jour n’est pas encore complètement levé ce qui rend cette lumière encore plus violente. Après quelques secondes d’acclimatation, je distingue enfin mon agresseur et reste bloqué en comprenant ce qui émet cette couleur. Une énorme guirlande lumineuse pend lamentablement au-dessus de la route à quelques mètres de mes yeux en affichant la phrase la plus banale qui soit. « Joyeux Noël ».

Bordel de merde !

Je me retourne et active le pas jusqu’au bureau, mais tout le monde semble s’être donné le mot. Une boutique sur deux a déjà commencé à décorer sa vitrine avec des pères Noël bedonnants ou des stickers de mauvais goût. Apparemment, tout Paris s’est passé le mot pour me rendre malade. Tout ce rouge me donne la nausée et me donne envie d’hiberner jusqu’à ce que la période des fêtes soit passée.

Oui ! Je déteste Noël !

Je marche le plus vite possible jusqu’au bureau, seul lieu exempt de cet esprit festif qui me rend nauséeux. Au moins, là-bas, je sais que je serai tranquille.

 

Quand je descends de l’ascenseur, des lumières clignotent devant la porte d’entrée et mon cœur fait un bond. J’ouvre la porte avec grand fracas et entre précipitamment.

– Bordel, qu’est-ce que tu fais Emma ?

Emma, qui était en train d’installer la guirlande autour du bureau de l’accueil, se tourne vers moi avec un grand sourire.

– À ton avis, Julian, je fais quoi ?

– Range ça, on ne fête pas Noël ici.

Elle descend de son tabouret le plus tranquillement du monde, puis vient se planter devant moi avec un sourire en coin et ses mains sur ses hanches.

– Aurais-je loupé ta nomination au poste de PDG durant le week-end ?

Je serre les dents pour éviter de lui crier dessus. Je ne suis vraiment pas d’humeur à rire ni à me faire emmerder par une jeunette arrivée il y a moins d’un an dans la boîte, contrairement à moi qui suis là depuis près de 10 ans.

– On ne fête pas Noël ici !

– Et bien cette année, si ! Si tu n’es pas content, il ne fallait pas sécher la dernière réunion.

Elle me défie du regard avant de se retourner et de reprendre son activité. Je reste là, figé comme un idiot, à la regarder installer sa guirlande rouge et verte. 

 

Ce n’est pas la première fois en un an qu’on a une discussion de ce genre, nos 6 ans de différence sont un fossé insurmontable apparemment. On n’a pas la même façon d’aborder les choses en général, et encore moins en ce qui concerne l’environnement de travail. Emma fait partie de l’équipe marketing et s’occupe des réseaux sociaux de l’entreprise et de l’animation interne de la boîte. Après quelques mois, j’ai fini par m’habituer à toutes ses idées saugrenues, les journées à thème, les soirées escape game et tout un tas d’autres idées. Mais pas Noël !

Noël c’est niet !

 

Je tourne les talons en soufflant pour me diriger vers le bureau de Maxime, le PDG, et mon ami.

– C’est quoi cette histoire de décoration de Noël ?

– Bonjour à toi aussi Julian !

– On ne fait jamais Noël.

– On ne le faisait jamais parce que tu bloquais toujours le vote à la réunion mensuelle. Mais tu n’étais pas là cette fois.

– Tu aurais dû me dire qu’il fallait que je sois là, j’aurais décalé mon jour de congé.

– Je t’ai dit que tu devrais venir, mais tu avais mieux à faire. C’est trop tard Julian. Ça a été voté à l’unanimité, donc même si tu avais été là ça serait passé.

Je sais que c’est faux et lui aussi. Si j’avais été là, mon équipe n’aurait pas voté oui et je ne serais pas au bord de la nausée à l’idée de voir tout le monde se balader avec un chapeau rouge et blanc.

 

Après près d’une heure de discussion, je ressors bredouille de son bureau. J’ai tout essayé, mais il n’a rien voulu lâcher. Je me dirige jusqu’à mon bureau et repasse devant l’accueil où Emma s’affaire encore. Un tas de stickers orne désormais la porte vitrée par laquelle j’arrive tous les matins.

Emma lève son regard vert d’eau vers moi et semble redouter que je lui annonce une mauvaise nouvelle. Mais je n’ai rien à lui dire malheureusement. J’adorerais lui dire de tout enlever, mais je dois me résigner, alors je passe sans un mot pour me réfugier dans mon bureau et ronger mon frein.

Ce mois de décembre va être long ! Très long !

Emma et Julian aplati ebook

Version soft : sans scènes spicy

Tropes: les opposés s’attirent, grumpy sunshine

Sujets abordés: perte d’un proche, difficulté à s’engager, amour au travail, Noël

Version broché dédicacé uniquement sur ma boutique.

Disponible au format ebook sur toutes les plateformes et dans les abonnements (KDP, Kobo +, Nextory…)

 

Disponible en audiobook sur ma boutique, Google play et Kobo.